Sangenjaya
En allant chez softbank pour un problème de chargement de batterie, j'ai fait connaissance avec une dame bien sympathique. J'avais oublié de prendre un bouquin pour assurer la file d'attente et je regardais les horaires de la piscine que j'avais déniché dans la journée. cette dame dans la soixantaine à l'allure rigide, raffinée dans son kimono, m'intriguait un peu et je me suis dit que ça ne mangerait pas de pain de faire un peu la causette avec elle. Lui demandant des précisions sur des kani que je ne pouvais pas lire dans la fiche des horaires, on s'est mis naturellement à discuter. Elle ne s'est pas pris la tête poursavoir si elle devait me parler en anglais,; elle a simplement parlé naturellement en me demandant de temps en temps si je suivais. je me demande encore bien pourquoi mais elle a tout de suite deviné que j'étais français. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m'a répondu que je correspondait à son image du français. J'ai pensé que
c'était peut-être mon accent qui lui avait mis la puce l'oreille mais elle m'a affirmé que non et qu'elle me trouvait charmant comme un français (flatteur, quoique le "comme un français" dégonfle mon ego). Elle a même corrigé mes quelques fautes et m'a laiss sa carte de visite. Elle fait du shamizen et m'a proposé d'aller voir un de ses spectacles un jour.Ensuite e me suis
un peu proméné dans le quartier. A sangenjaya, j'ai vraiment l'impression d'être dans le coeur de Tokyo. En général, le coeur de Tokyo renvoit à Shinjuku, Roppongi, Shibuya, ou d'autres grandes places super célèbres. mais ils restent un peu à part à mon avis.ce sont bien sur des grands centres de Tokyo mais surtout des lieux de croisement entre
plusieurs lignes de métro et de train, entre les retours de travail et les gens qui partent s'amuser pour la soirée. Sangenjaya est beaucoup plus populaire, sans pour autant être pauvre car il faut un minimum d'argent pour habiter ici je pense. Ce quartier a aussi la réputation d'être très pratique avec ses nombreux magasins bon marché, ses restos en grand nombre,
ses nomiya du soir et plusieurs supermarchés dont certains ouverts 24 heures sur 24 autour de la station. On m'a dit que beaucoup de jeunes voudraient habiter dans ce quartier, pour ces raisons je suppose, mais peut-être aussi pour cette animation et cette atmosphère à la fois cool, branchée, ordinaire, "salarymanisée", un poil excentrique. Ici
on croise souvent des lycées accroupis dans une ruelle en train de fumer leur clope. Le climat semble bon aux petites transgressions. En train de prendre une photo, je suis interpellé par un "hello!!!" sortant d'une bouche cachée par la fumée de la cigarette, une tête à la coiffure afro, des rebelles?Nous sommes d'un côté seulement de la grande route surrélevée qui coupe le quartier en deux. Une rue pleine de devantures construites à la va vite me rappelle une rue du même genre dans le dix-huitième à Paris. ça grouille en plein lundi, c'est bon signe, il ya de la vie dans ce quartier! au détour d'une rue, j'entends une forte musique comme celles qui annoncent le cirque dans les bleds de campagne. Je tourne et là c'est la foule qui attend pour une crêpe au stand de ravitaillement. D'autres sont assis et patientent pour le spectacle imminent.
cette atmosphère de vraie capitale est sympa. mais le revers est là. Prenez la la ligne Denenotshi en fin
d'après-midi et vous gouterez à l'ambiance de stress. Des monsieurs cravatés, les yeux cernés, tombant de fatigue, le visage compressé contre la vitre du métro, c'est beau. Le train n'est pas ici la locomotive des daronnes au foyer qui promènent leur landeau. c'est plutôt le wagon des travailleurs toutes catégories et aussi des jeunes, mais les couleurs éclatantes de la mode sont cachées par celles plus ombres des costumes. Un vieux souvenir de citadin parisien me revient.



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