Ebisu sortie est
Samedi soir nous sommes allés à Ebisu. Enfin la soirée a commencé très tôt, à 17h 30, juste à l'ouverture d'un bar un peu branchouille du quartier. Sympa, ambiance tamisée, un comptoir autour duquel s'affairent peu à peu les clients, pas de chaises, et une serveuse qui vous relance constamment, très sure d'elle, pour vous faire consommer. Elle a l'air tellement sure d'elle que quand vous lui dite que vous allez réfléchir à la prochaine consommation (ce qui veut dire « non »), elle vous regarde ébahie, estomaquée par tant de répartie soudaine alors que tout le monde (c'est apparemment la coutume ici) acquiesce et prend rapidement des couleurs. La cochonnaille en apéro qu'on y sert sous forme de tapas y est pas mal et ça vaut le détour. Mais c'est une ambiance bonne pour s'échauffer on va dire. Une heure et il est bon d'aller voir ailleurs si on y est. Le petit côté golden boy des clients est mignon mais il n'y a pas grand chose qui sort de leurs tripes on dirait. Seuls leurs boutons de manchettes bien apparents leur donnent un peu de relief...On a donc détalé pour échouer dans un bar restaurant espagnol. Ambiance bien plus cool et tapas un peu shorts mais vin délicieux, vraiment délicieux. On s'est posés au comptoir et on a un peu tripé sur la vie d'un cuisinier. La communication entre les employés, le patrons et ses employés aussi, y semble très subtile. Un regard, un geste et l'autre s' exécute comme s'il faisaient partie d'un même ensemble. Il paraît que c'est le style « travailleur en cuisine » ici. Une balade à la sortie est de la gare d'Ebisu de nuit vous plonge un peu dans l'univers des devantures aux teintes européennes et l'Espagne a l'air d'y avoir le vent en poupe. Pour la fin d'une soirée commencée bien tôt, on me fait découvrir un bar au dernier étage d'un petit building. Genre live house pub, des groupes peuvent y jouer librement et l'ambiance y est chaude. Quelques filles y viennent pour tater de l'étranger et parfaire leur anglais. Mais voulant rester sages, elles se retrouvent à moitié ivres dans un ascenseur à rejeter soudainement leur compagnon de soirée. Une fille s'écrie « I don'teu likeu you; i neeeeed to comeu backeu to my homeu ». Le gars mis au banc de touche était lui aussi pété de rire, rire contagieux dans tout l'ascenseur.