Eclater la barriere...a coups de gorgees de vin
J'ai passé ma soirée de samedi chez des amis. ça faisait un bail! Leur gamin a grandi, il marche et parle un peu, et fait des signes "peace" avec ses doigts en rigolant et marmonant des choses et d'autres. Comme à chaque fois ils m'ont encouragé sur mon japonais approximatif et on a beaucoup bu. Cette fois j'ai rencontré un gars
qui avait tout un tas de questions à me poser. Ce que j'aime et n'aime pas au Japon et toute la batterie de questions habituelles. C'est toujours le même poisson qui se mord la queue. Quand on voudrait passer inaperçu et ne plus être pris pour ce qu'on est, un gars qu'est pas du village, un gars bourré de bonnes intentions et qui veut juste vous souhaiter bon courage pour la suite vient vous cuisiner à la sauce interrogatoire...Il suffit juste de capter ça et on rigole des articles du "hiragana times" qui reprennent toujours ce thème de l'étranger qui veut s'intégrer dans la société en étudiant le japonais, en mangeant avec des baguettes systématiquement et en portant son kimono pour aller au feu d'artifice, mais qui est toujours pris pour un être lointain par de nombreux japonais...Le pauvre. Le problème, c'est que je commence un peu à me sentir chez moi ici. Du coup je ne sais plus très bien ce qui est particulièrement étonant et il a fallu que je cherche dans mes souvenirs d'arrivée au japon, quand tout était spécial à mes yeux. Mais c' est un sacré fan de foot et de foot français en particulier. Il m'a même demandé si je connaissais Philippe Troussier. Heureusement que j'ai déjà vu sa trogne sur ce blog. Comme quoi ça a du bon de glandouiller sur internet! Mais en même temps le foot ne m'interesse pas et il a l'air tout déçu. Du coup il tente de discuter de son sport préféré avec le petit qui lui lance des "areu-areu"en guise de réponses. Il est sympa mon fan de foot mais je crois qu'il a vraiment du mal à capter mon japonais et moi j'ai du mal à saisir le sien, bien imbibé de vin rouge et de bière. Alors on décide de fumer notre clope en rigolant et on s'éffondre dans un buisson en bas de chez nos hôtes. Il flotte comme jour de tempête et on est l'autre bout de la capitale. Mais j'ai découvert à l'occasion que c'est bien plus rapide par la ligne Hanzomon. Dans le train qui part de Shibuya, j'ai rencontré un canadien tout sourire. Il s'appelle Ian et ça fait 19 ans qu'il vit au Japon. Il y a fait apparement toutes sortes de boulots accessibles aux anglophones et s'est marié avec une japonaise, a deux enfants. Un classique des vies d'immigrés au Japon vous me direz mais c'est juste pour placer le cadre. On a parlé des circonstances qui nous ont fait venir ici et de notre destinée au bled des trains et des magasins pratiques (convénients) sans trop trouver de réponses. Enfin disons que lui a déjà moins besoin de se poser de questions que moi.
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