"banni du village"
j'ai déjà parlé dans le blog, il y a pas mal de temps, de la vision d'une japonaise ayant vécu en France. Pour elle, le bon point de la France était que, tout en étant devenue un pays dévelloppé, elle avait su garder l'esprit d'un pays en voie de dévelloppement. Oui je sais c'est un peu tiré par les cheveux. Mais pour elle, le Japon semble chronométré, pesé, mesuré, modéré; un espace public policé à l'extrême...Contrairement à celà la France est le pays où il y a sans arrêt des grêves, les gens gueulent quand ils ne sont pas contents. C'est le pays (fait marquant pour plus d'un japonais de ma connaissance) où quand on ne parvient pas à sortir sa voiture d'une place de parking, on n'hésite pas à pousser celle du voisin, quitte à âbimer un peu son pare-choc. Pour elle, les français ont su garder un esprit un peu rustaud ou gaulois si on veut...Je ne sais pas bien mais ça me paraît difficile de concevoir tout un peuple glogalement en faisant des raccourcis un peu faciles mais bon...Car penser que les japonais sont "sur-bien élevés" serait une erreur. C'est vrai que dans l'ensemble, ils font gaffe aux autres, à leur entourage, aux règles de conduite en vigueur. Oui MAIS! Quand je vois un salarié prêt à vomir dans le train après une soirée bien arrosée, je me dis parfois que si ce n'est pas l'esprit gaulois, c'est peut-être celui du punk qui le guide dans sa quête d'ivresse. En tous cas je me plaisait à imaginer, au cours de cet exposé anthropologique d'un goùt nouveau, des bronzés par milliers en train de chasser la galinette cendrée. Face à eux, j'esquissai l'image d'acteurs de kabuki en train d'essayer de sortir leur auto du parking sans cogner celle du voisin tout en récitant quelques vers de pésie.
Bref, la France serait donc un pays charnière la modernité et la rusticité! Miho a avancé une théorie à propos de ces différences générales de comportement. Selon elle, il y a longtemps (très très longtemps) la France était une terre de chasseurs alors que le Japon était déjà une terre d'agriculteurs. Ainsi les chasseurs étaient surtout guidés par leurs hormones et devaient extérioriser leur agressivité. Comme ils étaient nomades, ils devaient s'en foutre d'avoir déconné dans tel ou tel bled. A l'opposé, les japonais devaient s'appliquer à cultiver leurs terres. La notion de village était déjà très importante et pour que les villageois puissent vivre en harmonie, il fallait que les gens ravalent leurs pulsions, ou sinon ils en subiraient les conséquences. Tout le monde devait faire attention à son voisin. D'où un sens civique très développé aujourd'hui. A l'époque d'Edo, si on soupçonnait son voisin d'un comportement douteux, on le dénonçait. En France, à l'époque de Vichy,on dénonçait les juifs et les communistes (au moins 200 ans de retards ces français) C'est ainsi qu'est née l'expression "banni du village", "murahachibu". Je répétai 2 ou 3 fois le mot pour m'en souvenir quand Kentaro m'a interrompu, "chut il ne faut pas le dire tout haut". Il s'est d'ailleurs lancé dans une comparaison hasardeuse: "en fait c'est comme avec les arabes en France, on les met dans des quartiers à part et on les vire un peu de la jolie ville..." L'amalgame est grossier mais je crois qu'il voulait me donner une image claire de cette idée. C'est vrai qu'ici il n'y a pas ce problème des banlieues (au moins 50 de ratrd ces japonais)
J'ai un peu de mal avec cette théorie des gentils pêcheurs-cultivateurs japonais et hordes de chasseurs-viandards français...quoiqu'il y a quelque chose...En tous cas, vous ne verrez jamais, parait-il, un japonais mettre un coup de pare-choc contre une voiture voisine, parcequ'il fait trop attention aux autres...et c'est la morale de cette belle histoire.
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