manif nationaliste à Shibuya from laurent on Vimeo.
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manif nationaliste à Shibuya from laurent on Vimeo.
Hier le voisin est passé avec un gros paquet cadeau dans les mains! Il m'a simplement dit qu'il s'excusait pour le bruit occasionné par son bébé qui vien de naitre. Je savais sa femme enceinte auparavant e-t j'avais cru entendre des petits cris de bébé du balcon mais à l'intérieur de l'appartement, impossible de savoir qu'un bébé est de l'autre côté...Bref, je l'ai félicité, lui ai dit de ne surtout pas s'inquiéter, mais il n'était pas là pour négocier quoi que ce soit; il m'a tendu le paquet avec un regard qui voulait dire « prends-le sans résistance ». Pour info, c'est une boite de biscuits fins aux noix et amandes enrobées de chocolat ou divers ingrédients.
Mes voisins sont tous très sympa! Quand on prend l'ascenceur, ils ont toujours un mot pour parler de la pluie et du beau temps. Et il ne me posent que très rarements les questions rituelles (qui suis-je, d'où viens-je, pourquoi...).
Dimanche soir j'ai suivi les élections à la télé. On a beau dire, c'est quand même un événement. Par contre, j'ai trouvé dommage qu'il n'y ait pas de confrontations directes sur le plateau télé entre les vieux du PLD et les nouveaux (ou moins nouveaux) du PDJ. Mais bon, la seule fois que j'ai vu un face à face à la télé, c'était entre Fukuda et Asou qui briguaient alors tous deux le poste de premier ministre. Et encore, Fukuda se faisait apparemment prier pour se mouiller un peu...Mais disons que le face à face ressemblait plus à un « côté droit / côté gauche » car les deux poulains (un peu en fin de carrière tout de même) regardaient la caméra ou le journaliste et ne se parlaient jamais vraiment directement; pas un regard échangé...Du coup, au lieu d'organiser des débats qui ne peuvent l'être dans ces conditions, je comprends qu'on préfère faire appel aux services de comédiens chevronnés comme Takeshi Kitano. Il était donc là, sur le plateau, mal sapé et participant à une réunion de journalistes sur leur 31. Tel un Laurent Baffie, il sortait sa petite vanne au bon moment, en bon sniper. Car contrairement à la France où on aime ses films, on préfère ici largement ses talents de comédien (animateur télé pro de la vanne et des rires nerveux).
Pour la première fois, j'entends des gens autour de moi revendiquer leur vote, du côté gagnant bien sûr (les autres ont du déjà oublier). Personne n'a l'air de croire qu'ils vont tenir leurs promesses mais s'ils en tiennent quelques-unes ou amorçent au moins quelques changements fondamentaux, ce sera déjà une bonne chose de faite. Et puis, il y a toujours cette idée de corruption quand on parle des perdants. Pourtant on n'a pas pour autant l'air de porter le futur nouveau premier minsitre dans son coeur. On me l'a souvent décrit comme un homme sans trop de charisme ou personnalité, et de toute façon issu des mêmes familles politiques que ceux du camps adverses.
Mais ce qui m'étonne parfois, c'est qu'il y a des revendications d'un côté et un vote ou un support à des hommes politiques complètement aux antipodes de ces aspirations. Il y en a qui galèrent en ces temps de crise pour passer des entretiens d'embauche, ne bénéficient que peu d'allocations chomage et vont peut-être devoir rentrer chez leurs parents (je parle de trentenaires). Mais ils peuvent succomber aux charmes d'un fils de Koizumi ou du député local ultra célèbre var issu d'une dynastie politique...Pourtant, il semblerait que dans l'ensemble le vent soit en train de tourner de ce point de vue.




Juste en bas de chez moi il y a un chantier de déstruction d'un immeuble et d'une maison. J'ai déjà
eu l'occasion de me réveiller en écoutant un discours un peu spécial avec une musique, mais sans y préter plus attention. Cette fois j'y ai jeté un oeil et je suis tombé sur la petite séance de
gymnastique matinale des ouvriers avant d'attaquer le travail. ça dure un petit moment, au rythme d'une musique lancinante.
Ce matin
j'ai regardé la télé, chose que je n'avais fait depuis bien longtemps. Première grande surprise, je comprends mieux, beaucoup mieux même que la dernière fois. C'est bon signe. Bref, l'émission
parlait du nouveau système judiciaire avec des jurés tirés au sort alors qu'il n'y en avait pas jusqu'ici. Les gens interrogés dans la 
rue n'ont apparemment pour la plupart pas envie de participer à un jugement. Il y a de toute façons
des dispenses si on est très malade, très occupé, que ça tombe à un très maubais moment. par exemple, un paysan dit que selon la période il ne pourrait pas se rendre à Tokyo pour assister à
un jugement, car ses cultures nécessitent une attention 
permanente. Une femme
dit que son boulot et ses compétences n'on rien à voir avec la justice, qu'elle ne se sent pas les moyens d'être juré...d'autres sont partants, s'ils sont libres ce jour . Bref, il faudra
surement du temps pour que les gens s'habituent à l'idée d'être appelés par la justice.
Fin de la parenthèse télé et judiciaire. Je suis allé à l'office de l'immigration de Shinagawa pour faire le re-entry permit. Sans ça , je perd mon visa en cas de sortie du territoire japonais. J'aurais du le faire en même temps que le renouvellement du visa mais j'ai oublié. Me rappelant qu'on doit y attendre longtemps, je m'y suis pointé quasiment à l'ouverture, 9 heures. Il n'y avait presque personne et ça a pris 10 minutes et 3000 yens pour le timbre. Je ne comprends pas bien le concept de ce re-entry permit, si ce n'est gagner un peu de sous avec le timbre pour l'Etat...En tous cas c'est vite expédié dans ce bureau, on se croirait à la mairie du 18 ème, un univers brut de pomme, séquence émotion. Bref une belle balade et je suis fin prêt pour les vacances.
Depuis quelques temps je prends le bus pour aller au taf, et à des heures décallées par rapport à la masse des salariés tokyoite. Du coup, j'ai regouté au métro et au train blindé de gens. la descente en gare de Shinagawa a quelque chose d'étourdissant. Une foule converge vers les buildings extérieurs et se répend dans le quartier à la manière d'une file de voitures sur les très grandes autoroutes qui font des boucles.
Comme à chaque fois que je vais à l'immigration, il flotte et il fait frisquet. Je n'y suis jamais allé en été remarque.
Les
brigades anti clopes sillonent une rue de Shinjuku. Ces séniors gentlemen pratiquent l'arrestation en douceur. Ils tendent un cendrier au fumeur illicite. car ç tokyo on ne peut pas fumer partout
mais cette tenue de Pinot simple flic n'est apparemment que prévention et non contravention.
je suis déjà allé plusieurs fois à Ikebukuro mais seulement de passage sans jamais rien y faire de particulier. Eh bien cette fois je ne suis pas venu pour rien car j'ai mangé des
gyosas dans un drôle de parc à thème au milieu d'un building. Si on ne m'y avait pas trainé je n'aurais jamais trouvé un truc pareil. C'est cool
pour manger des gyosas et plonger dans un endroit plein de mystere. Les
restos sont mêlés aux attractions genre voyance en direct, jeux vidéos, attrappe-peluches de fête forraine, fauteuils de relaxation, ruelles de far west, hiboux en plastique qui parlent et j'en
passe. Comme dans plein d'autres endroits c'est le kitch qui prédomine mais quel bonheur de voir tous ces gamins courir dans tous les sens devant leur parents émerveillés et immortalisant la
scene de leur gros appareils photos. Jusqu'à ce qu'on tombe sur un dessinateur de caricatures, un vieux qui s'ennuie ferme sur sa chaise, en faction devant le restaurant de crêpes bourrées de
crême. Il a l'air super triste le vieux sur sa chaise. On imagine son niveau de vie en croisant son regard triste, à attendre le client dans ce lieu volontairement sombre. Il fout un peu le
mourron le vieux. Pourtant je n'ai pas de grande conscience sociale et comme tout le monde j'oublie
rapidement le clochard en train de crever au coin de la rue. Mais je sais pas, dans
cet endroit completement futile c'est comme si on avait allumé le projecteur sur lui...pas plus, remarque, que l'antillais posté au rayon fruits éxotiques du supermarché français sur fond de
compagnie créole.
Sur ce on a
décidé
d'aller voir un film. Il fallait trouver le bon compromis et, décidant internationalement quel film choisir, nous avons opté pour "hanckok", un alcolique aux super pouvoirs qui devient un super
héros alors que ses interventions dans les courses poursuites de bandits ne sucite au départ que la désapprobation des bons citoyens. Pas vraiment un grand moment de cinéma mais ça divertit. En
sortant du cinoche, une bande de jeunes filles nous suivant s'est mise à dégurgiter une belle dhiarée verbale sur les chinois et les coréens, en fixant la coréenne qui nous accompagnait. Elle n'a
pas bronché et s'est contenté de sourire avec fatigue. On n'en a pas parlé, tout était dit. A peine la vingtaine et autant de merde dans le crane, ça promet. On dit que c'est à cause de
l'insularité et de l'isolationisme des siecles passés. Avec ça on t'explique n'importe quelle xénophobie (en France c'est l'insécurité et le chomage qui expliquent tout). "Tu as bien
entendu: rentre dans ton pays sale
étranger!?" - "Oui mais tu comprends, c'est par timidité...le japon est une ile...blablabla..." Pour ceux qui ne connaissent pas la légende, il était une fois un archipel coupé du monde par un
mur marritime. Rien ne pouvait passer à travers sauf l'écriture chinoise, les baguettes et l'électricité. Bon d'accord c'est une minorité. Et puis si je continue je vais rejoindreles militants fanatiques de l'intégration obsolue des étrangers au Japon. ça c'est du bon aussi! le canadien naturalisé japonais qui crie au scandale parce qu'un flic
l'a controlé au moment du sommet du G8, osant lui demander son passeport (le soupçonant insidieusement de ne pas être japonais, vous imaginez?). J'espère que les gens qui passeront par ici
comprendront que je ne suis pas dans un état de haine, j'ai juste un doute en écoutant maintes fois les mêmes explications sociologiques de la
part des japonais comme des étrangers qui vivent ici. Je dis ça parceque je
sens déjà la levée de boucliers "touche pas à mon Japon!"...
le quartier d'Ikebukuro, lumineux le soir venu, est intéressant à prendre en photos. les marchands des grands magasins d'électronique
interppellent le passant du haut de leur escabot, munis de mégaphones.
Etrange comme ce message sent le blaze alors que je ne suis qu'à l'orée de la découverte d'une contrée si lointaine. C'est peut-être l'arrivée subite de l'automne et de la pluie qui me rend comme
ça. Ou alors ai-je été prématurément
atteint par la froideur du regard de certains pionniers qui regardent passer, sourire pâle au coin des lèvres, les nouvelles hordes de
jeunes français éxités par les néons de Shibuya, tout en dissertant sur leur statut d'étranger à perpétuité. Non, je n'en suis pas là et puis je n'y connais pas
grand chose de toute façon. je
crois que je me ferais peur à relire certains articles du blog qui doivent fleurer bon l'ignorance ou l'arrogance. Mais ce sera peut-être intéressant plus tard justement, histoire de voir
l'évolution du regard qu'on peut porter au fil du temps.
D'ailleurs je me suis déjà piégé tout seul à ce petit jeu. Alors queje rencontrai 2 japonais bien sympas à la fête de l'école de
japonais d'un de mes amis, ils m'ont demandé comment se passait l'intégration in Japan. je n'ai ressorti que mes bons souvenirs et les bonnes rencontres, un peu volontairement je l'avoue. Je ne
sais pas si je me suis imprégné de ça ici, mais j'aurais du mal à dénigrer quoi que ce soit devant des gens avec qui je discute pour la première fois. Et puis, Junichi comme Hiromi ne
m'inspiraient que des sentiments positifs enflés par la bière. Mais là ou je me suis trompé, c'est que leur question n'était pas de pure forme. Car eux ont joué franc jeu et ont rangé les freins
de la politesse au placard, n'hésitant pas à me dire que leur vie n'était pas toujours rose, même s'ils aiment leur pays. Du coup, ils paraissaient circonspects devant ma positive attitude. Bah
ils n'ont pas insisté et on a bien festoyé.
Un homme tenancier d'un combini m'a expliqué son boulot plus en détail. Il
travaille beaucoup d'après ce que j'ai compris. Son combini se trouve à Chiba, dans une zone industrielle avec beaucoup d'usines. Ainsi la journée le flot des ouvriers alimente son petit commerce.
Mais la nuit il n'y a personne qui traine dans ce coin. Pourtant, selon le réglement de cette enseigne de combini (comme toutes les enseignes d'ailleurs), il doit rester ouvert la nuit aussi. Il
s'est amusé à faire des statistiques et a constaté que dans les bonnes nuits il y avait à peu près 10 personnes par heure qui passaient dans son magasin. J'aurais imaginé moins mais il y a aussi
certainement des gens qui rentrent chez eux. Entre la location et les frais de personnel, il ne roule apparemment pas sur l'or. Il travaille personnellement 2 nuit par semaines et ne dort que
quelques heures lors de ces deux jours car il habite près d'une station essence et il y a pas mal de bruit dans le coin. Pour ouvrir son combini il a signé un contrat d'une dizaine d'années. sa
grande question du moment est "quand pourrais-je partir en vacances?".
Pourtant loin de la
misère (enfin loin des années de vache très maigre), je me baladais récemment avec des chaussures qui, après 3 ans de bons et loyeux services, ont fini par rendre l'âme. Enfin pas tout à fait
puisque les jours de soleil je pourrais encore les porter. Mais disons que les nouvelles ouvertures latérales et irrémédiables m'ont pousser à rentrer dans le mouvement des soldes, un bain de
foule formidable (même mister minit ne pourra rien pour mes pompes, un de mes rares souvenirs de ma belle province).
On est donc allés (avec ou sans "s"? un japonais francophile m'a affirmé qu'il y en avait un après m'avoir pris en flagrant délit de lèse orthographe; preuve livre à l'appui...) faire un
tour à Yokohama, le grand centre commercial le plus proche pour lécher un peu de vitrine. Je ne connais pas bien les soldes en France à vrai dire donc toute comparaison serait hasardeuse. Enfin
disons que les soldes étaient pour moi l'occasion d'acquérir un lot de t-shirts rétrécissants en machine ou de beaux pulls camioneurs pour l'hiver de chez leclerc ou auchan...).
La foule des grands jours nous y attendait, sac de sortie des magasins en main. J'ai trouvé ma nouvelle paire de chaussures en soldes. S'en est suivie une course poursuite dans le magasin avec le
vendeur qui ne voulait pas me lâcher! Car une fois ma paire de godasses en main et alors que je me baladais avec la boite à chaussures pour admirer d'autres modèles, je sentais un des vendeurs
stressé. J'ai fini par lui dire de ne pas s'inquiéter, que je ne faisais que m'attarder un peu et que j'allais passer à la caisse (sous entendu "je ne vais pas me barrer en courant avec ta
marchandise"). Quel mauvais esprit j'ai été! Il voulait juste me débarasser momentanément de cette boite et éviter l'embouteillage (avec tout ce monde une boite de moins dans le passage et on
libère 20 cm de circulation, ce n'est pas rien!).
Bref, on a ensuite
déambulé un peu dans le "depaato" (grand magasin) d'à côté pour assister à un spectacle qui me laisse toujours mi figue mi raisin. Des jeunes en folie, sur-sapés et qui en veulent encore.
"Acheter, dépenser, consommer" Cette ambiance hip-hop bon marché mélangée aux cris de bienvenue des vendeurs ...Bon, je ne vais pas gâcher cette belle célébration de la nouvelle collection
été et puis j'ai eu droit à ma petite leçon de sociologie en la matière. "Tu sais, on n'a pas peur de dépenser nos sous parcequ'on sait qu'on va pouvoir en faire rentrer par un moyen ou un
autre...en bossant, que ce soit comme serveur ou comme employé de bureau. C'est peut-être pour ça que les gens achètent tant!" Sarkozy n'est parait-il pas fan du Japon mais il devrait!
Quelle belle leçon d'économie, de cycle vertueux ou chaque denier durement gagné retourne illico dans le circuit de l'argent...C'est juste une impression au passage et il faudrait que je jette un
oeil dans les statistiques de l'INSEE locale afin de lécher cet exposé au mieux. De toute façon je ne devrait pas finauder en ironisant car comme l'a dit un grand penseur contemporain, MC Jean
Gabin, "tu craches dans la soupe mais faut les croutons qui vont avec".
Au milieu de cette
éffervescence un "lecteur de main" ou "diseur de bonne aventure" attendait patiement le client à la sortie des échoppes de vêtements. Ahhhh le Japon, ce mélange de tradition et de
modernisme...Qui ne connait pas cette célèbre citation de Télérama? En faisant une brève recherche sur internet, on se rend compte
de la compléxité du truc. déjà il y a la main droite et la main gauche. Et puis il y a plein de paramètres qui rentrent en jeu comme une ligne un peu torsadée etc.
Nous avons fini par prendre faim mais l'étage réservé aux restos étant blindé, nous avons
préféré nous replier vers la gare de tammachi, lieu qui contraste avec l'ambiance de la gare de Yokohama et de ses alentours...à suivre...
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