politique, solitude et autres...

Publié le par laurent

 Le hasard faisant peut-être bien les choses, suite au commentaire de Judith à propos de Koizumi et de sa surprise en constatant la justification de Yasukuni par quelqu'un, j'ai moi-même eu une conversation au cours de laquelle on m'a fait un petit exposé de politique. Enfin, plutôt, on m'a expliqué que ce que je prenais pour de la démagogie ou du populisme était en fait pur délire, ou pure connerie...J'explique. Je croyais que quand un politicien balançait une charge bien nauséabonde sur les étrangers, les chinois ou les bienfaits de la seconde guerre mondiale, c'était pour épater le client, ou épater la galerie comme on dit. Tels certains de beaux politiciens français qui y vont parfois de leur petite phrase pour se faire encenser au comptoir d'un bistro, il me semblait que toute cette mascarade faisait partie d'une stratégie de communication dans un but électoral et que, finalement, l'opinion réelle du politicien n'était que secondaire. Dans ce cas on pourrait avoir peur de la population mais justement les gens sont bien plus calmes. Donc quel intérêt de balancer des vannes dignes d'un détail de l'histoire » en sachant très bien qu'on devra remettre sa démission le lendemain? Eh bien, selon les japonais autour de moi, tout ça est sans logique électorale, mais bien un pur produit du politicien en question. Autrement dit cette opinion des élites gouvernantes ne serait absolument pas le reflet de celle du peuple. Pour eux, la politique japonaise est trop éloignée du peuple japonais. Ou plutôt, il n'y aurait pas de connexion entre les deux. Remarquez que j'emploie le conditionnel car, d'une, ce n'est que le témoignage de peu de gens, de deux, je n'y connais pas grand chose et je ne peux absolument confirmer ou critiquer quoi que ce soit...Ainsi, le politique qui affirme par exemple que l'invasion de l'Asie a émancipé le continent ne parlerait qu'en son nom. Des électrons libres un peu partout? Pas tout à fait car ils reconnaissent que de toute façon, ils connaissent mal les couloirs du pouvoir malgré leur intérêt. En gros il pourrait s'agir de coups de théâtre dignes d'un vaudeville avec une démission à la clé. Mais cela ne reflèterait finalement aucunement l'opinion des gens.

On discute avec une japonaise en soirée.D'un seul coup, je ne sais plus qui a lancer le sujet mais on se retrouve direction mariage. Ça arrive parfois dans les conversations de toute façon. Et là elle balance cash qu'elle a pour objectif de se marier dans l'année. Je rigole avec elle en lui disant que c'est bien d'avoir des bons projets dans la vie. Je me doute bien qu'elle est sérieuse mais je me dis que la barrière des un an, c'est pour le fun, histoire de prendre le truc à la rigolade. Elle rigole (car elle ne manque pas d'humour) mais m'arrête tout de suite. Elle est très sérieuse sur ce coup. Depuis la mort de sa grand-mère elle vit seule dans cette grande maison et la dernière fois qu'elle a été malade dans la maison froide, elle a pris conscience qu'elle ne voulait décidément plus continuer à vivre seule. Je ne me fous pas d'elle et n'importe qui peut comprendre ce sentiment. On a besoin d'aimer et d'être aimé! Mais je lui demande pourquoi passer absolument par la case mariage. Bon, ça fait deux ans que je suis au japon et l'histoire de la japonaise trentenaire qui flippe de ne plus trouver un mari avant date d'expiration, je la connais. Ça fait partie du folklore il paraît. Mais le folklore on sait ce que c'est, on trouve toujours l'exception et puis c'est jamais bien expliqué, on a une vision tronquée et finalement ça a l'air très gnangnan. Quand même je ne pense pas qu'elle va se ruer sur le premier venu. Mais elle affirme haut et fort qu'un type gentil et en qui elle peut avoir confiance lui suffirait amplement. Ça augmente le champs des possibles remarque. On m'affirme par la suite que c'est un raisonnement tout à fait normal. N'empêche que j'ai pas eu ma réponse à la question « pourquoi absolument le mariage? » Après la politique j'ai tenté un sujet plus léger mais il est lourd celui-ci. En fait c'est triste.

Les japonais sont « sympa » avec les étrangers qui ne parlent pas japonais. Enfin, disons qu'il y en a qui veulent pratiquer leur anglais ou montrer qu'ils peuvent le parler. Il y a celles et ceux qui ne s'attendent vraiment pas à ce qu'un étranger leur parle en leur langue et vous complimentent (souvent sincèrement je pense) sur votre habilité, même très limitée. Et puis certains vous disent qu'ils sont contents que vous fassiez un effort. Ce qu'on pense être le moindre des respect pour vivre dans un pays étranger (apprendre la langue) et être un minimum autonome, des gens vous parlent d'un « effort ». sympa!
Tout ça pour dire qu'il y avait un gars qui ne parlait que peu japonais et ne pouvait pas déchiffrer les hiragana après 12 ans au japon. Il s'est drôlement fait chargé dans son dos. Les japonais ont ironisé sur ce gars qui ne faisait aucun effort pour apprendre le japonais car ses collègues parlaient anglais. On est déjà loin du « nihongo ga jyozu ». ça doit être super rare après 12 ans quand même. Je n'essaye pas de vous dire que ce gars est mauvais, e m'en fous en fait . Mais je me demande simplement comment on peut vivre comme ça pendant 12 ans sans péter les plombs? Comment se défendre, comment faire en cas d'urgence, comment avoir des contacts? Évidemment on peut fréquenter des étrangers ou des japonais qui parlent anglais. Mais ça limite vachement l'horizon et c'est stressant. Bref, une capacité à vivre dans la quatrième dimension impressionnante.

Publié dans brèves de comptoir

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N 25/01/2009 01:31

Salut ! J'aurais quelques avis (corroboratifs) sur politique et "mariage" ; mais je réagirai juste sur le dernier sujet : l'époux d'une connaisance (japonaise) est austalien (ex-Nova à Yokohama), ils ont deux gamins (6 et 9 ans, si je me souviens bien), et il ne peut pas leur parler, ne connaissant pas un mot de japonais...

laurent 25/01/2009 11:09


bonne chance a  lui, il va surement n avoir besoin...