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       Si on traduit littérallement « shita machi » ça donne « ville du dessous » qu’on peut rapprocher de l’anglais « down town ». Ceci implique qu’on se situe loin des grands centres de la capitale et que les différents quartiers de cette ville du dessous sont plus populaires.

 

 

              Dans la bouche des japonais, l’emploi de ce terme pour qualifier par exemple l’est de la ville en bordure de Chiba, revêt souvent 2 valeurs. L’une est plutôt positive et évoque le côté traditionnel avec le grand temple d’Asausa, quartier très touristique et véhiculant l’image des traditions et de l’authenticité de sa population. On vous parlera aussi de « Tora san », personnage de série qui habitait à l’est dans la fiction. Ça c’est un peu la vision follorique.

 

              L’autre réaction reflète la pauvreté de certains quartiers par rapport à l’ouest de la ville et aux coins branchés et huppés. Prenez la ligne sobu, éloignez-vous de Aihabara vers l’est, et au bout de quelques stations, vous descendrez dans des coins où toutes les maisons sont loins d’être aux normes antisismiques. De grandes routes sont parfois bordées de petites « cités » avec bâtiment style HLM en rangs d’oignons. D’autres routes sont entièrement bordées d’ateliers ou petites usines.

 

              Mais ici la description d’un tel décor ne signifie en aucun cas « insécurité » où toutes les images qu’on a de ce genre de coin en France...Pour certains japonais qui placent la réussite sociale au dessus de tout, ces coins, c’est de la daube. Mais je trouve qu’ils ont un certain charme et les gens y sont tantôt plus froids, tantôt plus chaleureux. Ce qui marque, c’est la tendance désertique de ces quartiers le wee-end. Il m’arrive parfois volontairement de faire des photos un peu « vides de gens » pour éviter de balancer sur internet la tête de gens qui n’ont aucune envie d’y être. Mais là il n’y avait vraiment personne à photographier, ça fait vraiment « banlieue dortoir ».

 

           

 

  

 

 

On remarque aussi le nombre impressionnant de pachinos aux abords des stations. Ce phénomène concerne certainement la plupart des stations de la capitale mais j’ai l’impression que ça s’accentue dans les quartiers de la shita machi. On trouve ainsi parfois 3 énormes pachinos aux abords d’une seule station. Pour ceux qui ne connaissent pas, le principe du pachinqo est de gangner des sous en amassant des billes dans un local style casino dont on entend la musique complètement incohérente et abrutissante jusque loin dans la rue...D’ailleurs ça me rappelle un matin. Il était à peu près 6h30 et ma voisine du dessous s’enguelait avec son voisin d’à côté pour une sombre histoire de vélo mal garé. Il y a en effet un emplacement pour garer les vélo mais comme la dame a du mal à se déplacer, elle se plaint que les vélos lui gênent le passage pour rentrer chez elle. Ils se disputaient donc le matin tôt, trop tôt, et en faisaient profiter tout le voisinnage. Au début la voisine lui a simplement demandé de déplacer son vélo. Mais comme elle semble très casse bonbon et qu’il n’ y a pas d’autre place, le monsieur insistait pour laisser son vélo à cet emplacement. Puis ça a commencé à dégénérer. La dame s’est mise à parler de plus en plus fort en révélant des trucs pas persos sur le voisin, le genre de truc qu’il vaut mieux garder pour soi, surtout pour préserver la réputation de ses gamins. Lui a commencé à lui dire « geta geta geta... » (arrête de pleurnicher...). Puis elle a insinué qu’il ne bossait pas et ne fourtait rien de ses journées, mis à part tenter de gagner sa vie dans les pachinqo. C’est là que le monsieur lui a dit :
-          Ha je vous ai vu aussi dans le pachinqo.
-          Oui...mais je n’y suis allé que une ou deux fois pas plus...lui a répondu la dame.
Je sais que c’est stupide de faire des comparaisosn avec la France mais ils me rappellent les voisinnages du bled où j’ai vécu, en plus discrets. Ça fait quelques mois que je dis bonjour à cette dame à chaque fois que je la croise et elle ne me répondait jamais jusqu’à récemment. Puis l’autre jour, je l’ai croisé dans la rue par hasard et lui ai fait un grand sourire (je devais penser à un truc plein de bonheur). Du coup elle m’a sourit aussi et depuis elle me dit toujours bonjour quand je la croise...
Voilà ce sera tout pour la rubrique « psychologie du voisinnage ».

 

 

communauté : Voyages
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