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Image hébérgée par hiboox.com 
              Récemment il y avait un sujet sur le forum France-Japon à propos de « 10 bonnes raisons de vivre au Japon » puis de « 10 bonnes raisons de ne pas vivre au Japon. Chacun a pu y exposer ses motivations ou ses préférences avec des plus et des moins des 2 côtés. J’en retiens un comportement en société apprécié de la part des français, même si ça peut devenir gonflant quand il est trop affirmé, et les avantages d’un pays riche. De l’autre côté, c’est-à-dire celui des détracteurs, on trouve des gens qui apparemment vivent confortablement dans l’archipel mais paraissent en avoir marre au fil des années.
              Je crois que ça résume à peu près ce qu’on pourrait appeler le « syndrome Japon », une espèce de drogue douce qui rend même les plus aigris du pays accros et incapables de rentrer chez mère patrie.
              J’ai eu l’idée de cet article après une discussion avec un français qui s’en retourne au pays après 3ans passés au Japon, quasiment en continu. Pourquoi fut la question naturelle sortant de ma bouche. Mais comme rien n’est jamais bien simple, ça nous a engagé dans une discussion qui aurait pu se poursuivre longtemps si nous n’avions pas été pris par nos devoirs respectifs.
              En fait il a un boulot ici et un visa en bonne et due forme (un frein pour ceux qui veulent prolonger un séjour mais n’ont pas le bon visa en poche). Par dessus le marché la France ne lui manque pas, à part peut-être sa famille et quelques très bons amis je suppose. Mais il se voit pas un grand avenir professionnel au Japon dans sa situation actuelle. Il revient en partie pour reprendre des études et pourquoi pas revenir au Japon après une « pause ».

 

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              Ça c’est la raison pragmatique. Mais il y en a une autre plus « spirituelle » en quelque sorte. En fait, il revient faire une pause en France pour ne pas rester au Japon et devenir aigri comme le sont d’autres étrangers qui pourtant ne semblent plus pouvoir en deccrocher. En effet, j’ai moi’même eu l’occasion d’écouter un discours d’étrangers critiquant tout des japonais, de leur façon d’être à la société toute entière, en emmettant l’hypothèse de rentrer mais ne se décidant réellement jamais. Je ne dis pas qu’ils sont légion dans ce cas car je n’en sais rien. Toujours est-il que la critique est vite arrivée, pour peu qu’on ait un coup de blues, que la vie ne soit pas aussi rose qu’on l’avait prévue etc. Mais il y a aussi ce qu’on pourrait appeler les « opportunistes ironiques ». ceux-là même qui s’en mettent pas mal dans les poches mais gardent souvent une place de leur discours pour se foutre de la gueule des japonais pour un oui ou pour un non...
              Alors pourquoi rester si on trouve les gens cons ? Eh bien c’est peut-être parceque le pays est tellement confortable. Les rues y sont propres et les trains toujours à l’heure (sauf en cas de suicide sur la voie). Les gens y sont respectueux les uns des autres et gentillement curieux de l’étranger. Le climat est toujours artificiellement modifié par des climatiseurs en profusions et l’atmosphère des lieux de rencontres est climatisée elle aussi...On pourrait multiplier les exemples. Bien sur il y a un envers dont je n’ai vu que quelques bribes étant donné que je ne suis au Japon que depuis 6 mois. On finit toujours par constater que derrière un sourire plein d’entrain se cache parfois une langue de pute trop bien dissimulée. j’aurais pu voir ça auparavant comme de l’hypocrisie pure et dure mais les gens ne fonctionnent pas au Japon comme les français fonctionnent en France. Ça fait en fait juste partie des bonnes manières et d’une certaine façon, d’être adulte et respectueux même dans les plus mauvais sentiments. Car montrer sa colère ou son agacement de façon très affirmée est considéré comme vulgaire et puéril. Le passage à l’âge adulte implique le port d’un masque social.

 

Image hébérgée par hiboox.comJe choisis mes mots et je conseillerai le lecteur de passer aussi faire un tour sur cet article pour mieux comprendre ça. Je m’éloigne du sujet initial mais pas tant que ça car cette façon de se comporter en société facilite la vie pour un étranger comme moi habitué au rapport de force dans son pays natal. Il ne faut pas éxagérer, ce n’est pas la guerre en France et il y a tout un tas de gens calmes et sympas ! Mais on se retrouve parfois sur la défensive et même l’offensive afin de mieux s’affirmer au sein de la tribu. Ici je n’en ai pas besoin et j’ai beau habiter dans l’une des capitales les plus peuplées du monde ; je ne ressens pas le stress de la rue ou des transports. Le sang froid général y est pour quelque chose.
        

 

Image hébérgée par hiboox.com      L’envers de la médaille brillante de cette société policée : des salary men qui se vomissent dessus le vendredi soir en rentrant de soirée dans un train alors qu’ils se tiennent droit avec des oeillères le reste de la semaine. Je n’ai rien contre les types qui se lachent après avoir bu, au contraire, tant qu’ils ne deviennent pas des connards qui veulent se la mettre avec tout le monde. Mais cette façon de se laisser craquer est un peu l’apanage des lieux il vaut mieux rester bien propre sur soi. C’est comme le type qui montre son cul à tout le monde quand il est bourré mais qui reste tout le reste du temps bloqué dans ses carcans et incapable de se détendre. Il n’est que moyennement marrant ce type.
              Ceci dit la plupart des gens avec qui j’a fait des soirées ici sont super cools. Ils ont ce côté policé mais dans le bon sens et privilégient l’atmosphère générale du groupe à leurs propres délires personnels. C’est agréable et pourtant c’est ce qui me manque de mes potes de France.

 

Image hébérgée par hiboox.com Eux ils restent cools en soirée mais n’hésitent pas à livrer le fond de leur pensée, même si elle ne brille pas de philantropie.
              Voilà le truc : tout français ici appréciera certains avantages. S’il déteste franchement ce pays et y déprime, il rentrera rapidement à coup sur. Mais s’il s’y installe confortablement tout en se distancant de sa société et de ses habitants, en se pliant dans une vision auto-centrée, il risque de passer des années ici le cul entre deux chaises. Ce comportement est un peu énervant car quand on s’expatrie il faut savoir poser ses valises et accepter certaines différences fondamentales. Mais c’est pas toujours facile. On peut comprendre et accepter des comportements et façons de penser très différentes des notres. Mais les faire siens est une autre paire de manches.
              Jusqu’ici, ce pays m’apporte réellement plus de bon que de mauvais ; je croise les doigts pour que ça continue ainsi !
communauté : La France et le Monde
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